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Souffrez-vous du syndrome de la WonderWoman? : Réflexion sur la condition féminine en 2013

Isabelle Poirier, coordonnatrice du Centre de femmes La Moisson, est branchée sur la réalité des femmes et sur les nouveaux défis qui ponctuent leur quotidien. Avec la Journée internationale des femmes qui approche, elle propose une réflexion juste et réaliste de la condition féminine et du féminisme moderne.

Lorsqu’on se penche sur les statistiques de fréquentation et de diplomation universitaires au Québec, on peut être fières du nombre croissant de femmes qui atteignent les niveaux supérieurs d’éducation dans tous les domaines. Cependant, lorsqu’on quitte la sphère de l’éducation, la réalité n’est pas la même.
« C’est lorsque que les femmes ont des enfants et souhaitent fonder une famille que certaines inégalités ou incohérences du système actuel peuvent mettre un frein à leur projet », explique Isabelle Poirier. Malheureusement, le congé de maternité peut mener à la perte d’occasions d’avancement, par exemple, ou à la diminution du revenu. Des avancées sont réalisées, mais de nombreux gains sont encore à faire. En effet, le grand défi pour les femmes en 2013 réside dans la conciliation travail-famille et l’atteinte des standards établis en ce sens.

De façon générale, la société projette une image conflictuelle, voire contradictoire. D’une part, les femmes sont appelées à se réaliser professionnellement et sont souvent même confrontées à l’obligation de travailler pour que leur ménage produise un revenu de base suffisant. D’autre part, des standards de perfection sont véhiculés, et les femmes sentent qu’elles doivent, comme leur mère qui souvent ne travaillait pas, assurer à elles seules une gestion sans failles de leur foyer et de leur famille. Cette responsabilisation parfois excessive des femmes ne s’arrête pas là. En effet, avec des parents vieillissants, elles sont aussi appelées à devenir des proches aidantes et à s’impliquer de manière importante dans l’encadrement des petits-enfants.

« Il s’agit du syndrome de la WonderWoman. Cet état d’esprit typique de notre époque mène souvent les femmes droit dans un mur si elles ne vont pas chercher l’aide dont elles ont besoin », explique Isabelle Poirier.

Objectif : lâcher prise

Il est donc essentiel pour les femmes de prendre conscience de cette réalité et de viser un équilibre qui leur est propre, dans lequel elles arrivent à s’épanouir sans pression excessive.

« La condition des femmes, ce sont des revendications publiques, mais il y a aussi tout un volet très personnel d’introspection à faire. C’est parfois bien difficile, de se juger soi même », souligne Isabelle Poirier. Il est donc essentiel pour les femmes de ne pas chercher à être irréprochables. Certaines doivent également apprendre à accepter l’apport de l’homme, même si l’approche masculine est différente. Pour Isabelle Poirier, il est essentiel de créer des programmes ou des lieux de rencontre qui stimulent l’échange et le partage entre les femmes qui vivent des situations semblables. Des femmes peuvent agir comme modèles et contribuer à redonner confiance à d’autres. « La confiance en soi est un élément essentiel, rappelle Isabelle Poirier. Elle agit à titre de moteur et pousse les femmes à l’engagement communautaire, à la constitution de réseaux et à l’accomplissement. Les femmes en confiance sont en mesure de prendre la place qui leur revient. »

C’est aussi collectivement qu’on peut mettre en place des mesures pour aider les femmes à concilier vie familiale et vie professionnelle. En mai, la voix des Vaudreuil-Soulangeoises sera représentée par le Centre de femmes La Moisson à la CRÉ de la Vallée-du-Haut-Saint-Laurent dans le cadre d’une journée de réflexion à cet effet.

Un mouvement à redéfinir

Qu’est-ce que le féminisme en 2013? Pour Isabelle Poirier, ce grand mouvement qui a parfois mauvaise presse revêt un caractère tout particulier : « Pour moi, le féminisme c’est vouloir un changement pour soi, pour ensuite mener à un changement collectif. »

Pour la coordonnatrice, il s’agit donc d’un cheminement très personnel basé sur la confiance en soi et la réalisation de son plein potentiel, qui mène à des changements plus globaux. Ainsi, chaque femme, au quotidien, devient agente et porteuse du message féministe.

Dans cette perspective, la Journée internationale des femmes est l’occasion d’amorcer une réflexion et un bilan des acquis, des gains et des reculs de la condition globale des femmes.

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